Henry Saxe
Acier soudé
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Jardins du Musée - Inaugurée en 2001
Né à Montréal en 1937, le sculpteur Henry Saxe fréquente l’Université Sir George William de 1955 à 1956 avant de se diriger vers l’École des beaux-arts de Montréal, où il étudie de 1956 à 1961. Il s’installe à Tamworth, en Ontario, en 1973 et se bâtit un atelier qui lui permet d’expérimenter de nouveaux équipements et d’explorer la création de structures complexes.
La sculpture Model of a Distant Model s’inscrit dans les recherches de l’artiste sur l’accumulation et l’horizontalité, thèmes récurrents dans plusieurs œuvres d’art public conçues par Saxe à la fin des années 1970. Se déployant au ras du sol, Model of a Distant Model rassemble plusieurs éléments dans une configuration qui rappelle un modèle réduit. Elle évoque une fascination, nourrie par le sculpteur durant son enfance, pour les machines, avions, moteurs et autres inventions mécaniques.
Avec ses multiples plaques d’acier posées les unes sur les autres, la sculpture met en valeur le volume occupé par le matériau en même temps qu’elle en ébranle la tridimensionnalité. Elle invite à interroger sa propre construction et stimule la créativité de notre imagination, nous enjoignant presque d’en poursuivre l’assemblage pour parachever cette forme énigmatique.
Portez votre attention sur les plis et les ouvertures dans cette œuvre. Imaginez-la assemblée autrement.
Robert Roussil
Bois
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Jardins du Musée - Inaugurée en 2003
Natif de l’est de Montréal et ayant vécu à Tourrettes-sur-Loup, en France, de 1956 jusqu’à sa mort, l’artiste Robert Roussil (1925-2013) contribue aux débuts de la sculpture moderne québécoise. Audacieux et avant-gardiste, Roussil conteste inlassablement l’ordre établi et participe à la libération artistique du Québec, non sans occasionner quelques polémiques en cours de route. Sa pratique sculpturale s’appuie sur une prédilection pour l’espace public et un amour viscéral de la nature.
La sculpture Totem ailé témoigne des orientations qui guident le travail de l’artiste dans les années 1980, qui est alors principalement axé autour de l’expérimentation du bois à travers la création de sculptures modulaires. Composées d’une colonne centrale faite d’anneaux superposés, ces sculptures robustes aux formes circulaires présentent des excroissances évocatrices – cornes, mandibules, becs, branches. Elles évoquent allègrement les mondes animal et végétal.
De fait, Totem ailé ressemble à un oiseau ou à un insecte volant. L’œuvre est constituée d’un tronc sur lequel repose un ensemble de cercles et de demi-cercles qui s’apparente à une tête. À l’intersection du tronc et de la tête se déploient deux éléments latéraux. Heureuses ondulations qui semblent faire vibrer l’atmosphère, ces ailes confèrent au monument sculpté une présence d’où émanent les forces vitales de la nature.
Nommez les animaux et les plantes que Totem ailé évoque pour vous.
Robert Poulin
Acier peint
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Jardins du Musée - Inaugurée en 2000
Sculpteur professionnel actif de 1972 à 1989, Robert Poulin perfectionne son apprentissage de la sidérurgie au Japon (1974-1975), puis dans une usine à Sorel-Tracy (1976-1979), « la ville de l’acier », comme on l’appelait durant les années 1960 à 1990. Il réalise à partir de ce moment de nombreuses sculptures filiformes faites de tiges d’acier courbées. À la suite de sa carrière de sculpteur, il se spécialise comme galeriste et collectionneur dans le milieu des arts visuels.
Sans titre, dont le style aérien et schématique se répercutera dans la production ultérieure de Poulin, est l’une des premières œuvres monumentales du sculpteur. Peint en rouge, l’assemblage de tuyaux d’acier arrondis rappelle un module de jeux pour enfants. La couleur et la configuration de la composition produisent un effet ludique et dynamique empreint de spontanéité, à la manière d’une esquisse tracée rapidement sur le papier.
Malgré son caractère épuré et son économie de matériaux, Sans titre remplit l’espace ambiant d’une vive énergie. La sculpture met à profit la simplicité géométrique afin de générer une expérience marquée par la vigueur et l’harmonie des lignes. Grâce aux pliages étonnants du sculpteur, l’œuvre charge le lieu d’une expressivité saisissante : un soudain élan de créativité jaillit dans l’espace.
Si vous deviez donner un titre à cette œuvre, quel serait-il?
Guerino Ruba
Ciment, acier, fibre de verre
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Jardins du Musée - Inaugurée en 2001
Né à Pola en Italie (actuellement Pula, Croatie), Guerino Ruba s’installe à Montréal en 1967 et étudie la sculpture à l’Université du Québec à Montréal. Il enseigne au Département des arts visuels du Cégep du Vieux Montréal jusqu’en 2004. Créateur engagé, Ruba réalise des œuvres intransigeantes qui expriment sans compromis le côté sombre de l’humanité. La guerre, la cruauté et la mort sont autant de thèmes qu’il représente dans son travail.
La sculpture La trappe est constituée d’une arche à l’intérieur de laquelle est tendu un grillage. Insérées entre les fils métalliques, des formes d’aspect organique paraissent prises au piège. Leurs couleurs et leurs textures rappellent les chairs de carcasses animales. En outre, leur silhouette laisse deviner quatre membres allongés dont il ne reste que des moignons. Ces corps mutilés éveillent les cauchemars tapis dans nos imaginaires tout en mettant en évidence les pratiques violentes qui marquent la condition humaine.
Au-delà de son caractère perturbant, La trappe est un appel à l’indignation face aux grands drames de notre époque. L’œuvre encourage la mobilisation personnelle et collective, elle sollicite notre pouvoir d’action au sein d’un monde engourdi par la violence.
Quelles émotions cette œuvre vous fait-elle ressentir? Pourquoi?
Dominique Valade
Aluminium, granit, pierres, végétaux
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Jardins du Musée - Inaugurée en 2003
Dominique Valade détient une maîtrise en arts visuels (1994) et un doctorat en études et pratiques des arts (2004) de l’Université du Québec à Montréal, où elle s’est penchée sur la réactualisation du paysage dans l’œuvre sculpturale. Au cours des années 1990 et 2000, elle conçoit une série d’installations autour de la notion d’habitacle, explorant une multitude d’éléments qui entourent ou forment l’habitacle humain.
Réunies dans un même assemblage, les œuvres Habitacle et Projection de l’habitacle invitent à réfléchir au rapport entre l’humain et la nature en faisant appel au paysage. À l’inverse de la nature, le paysage est une invention humaine réalisée au moyen du cadrage, de la composition et de la perspective. Habitacle est composée de deux piliers imposants sur lesquels repose la charpente d’une maison en construction. Entourée d’arbustes et de fleurs, une allée mène à une autre structure, plus modeste, mais tout aussi évocatrice. Projection de l’habitacle prend la forme d’un aménagement dont le point central est une porte entrouverte.
Avec cet ensemble sculptural, Valade traite du logis et de l’habitat, mais également de la représentation, de l’imaginaire et du rêve. Elle démontre, en trois dimensions, que le paysage existe au-delà des tableaux; il naît à travers notre regard même.
Selon vous, que se trouve-t-il au-delà de la porte entrouverte?
Ulysse Comtois
Acier peint
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Entrée principale du Musée - Inaugurée en 2001
Le sculpteur et peintre québécois Ulysse Comtois (1931-1999) fréquente l’École des beaux-arts de Montréal à la fin des années 1940, mais s’en lasse rapidement, davantage intéressé par l’avant-garde de l’époque que par l’approche traditionnelle de l’institution. Reconnu pour ses sculptures modulaires et abstraites, il est l’un des premiers artistes au Canada à entreprendre, au tournant des années 1960, une production en métal soudé.
La sculpture Héraut, dont le titre renvoie à une personne chargée d’annoncer la venue de quelqu’un ou de quelque chose, est composée de formes géométriques et organiques qui, dans leur enchevêtrement, donnent une impression de mouvement. Prenant l’aspect d’un homme mécanisé, elle évoque les liens entre l’être humain et la machine. L’ambiguïté qui émane de l’œuvre, générée par l’indétermination de l’homme et de l’objet mécanique, est intensifiée par la couleur rouge qui recouvre l’ensemble des éléments et accentue la fusion de l’humain et de la machine, unis au sein de l’objet d’art.
L’emploi de la soudure permet à Comtois d’organiser les formes selon une approche plus dynamique qui emprunte en quelque sorte à l’état chaotique de la nature. Ses expérimentations sur les rapports entre l’ordre et le désordre, la liberté et les contraintes, ainsi que la beauté et la laideur influenceront toute une génération d’artistes cherchant à s’affranchir des codes de la sculpture traditionnelle.
Si l’œuvre représentait un humain, que serait-il en train de faire? Et si l’œuvre représentait une machine, à quoi pourrait-elle servir?
Bill Vazan
Granit sculpté au jet de sable
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Entrée principale du Musée - Inaugurée en 2004
Né à Toronto en 1933, Bill Vazan étudie à l’École d’art et de design de l’Ontario, à l’École des Beaux-Arts de Paris et à l’Université Sir George Williams, à Montréal, où il s’établit en 1957. Grandement stimulé par l’idée d’inscrire Montréal et le Québec dans un réseau international, il participe à la fondation de Véhicule Art (Montréal) Inc., un important centre de diffusion parallèle où sont présentées des pratiques actuelles et expérimentales, dans les années 1970.
Fondée sur l’idée que la nature et l’humanité sont profondément liées, sa démarche artistique s’inspire du land art, un courant artistique apparu au cours des années 1960 et qui consiste à intervenir sur l’espace et les composantes du paysage. Vazan crée, tout au long de sa carrière, une vaste série de pierres sculptées qui sont marquées de motifs symboliques. Ces inscriptions pratiquées par l’artiste font souvent référence aux traces laissées par l’occupation humaine.
Les sculptures Grid with Superstrings et Sans titre présentent toutes deux des formes à la fois organiques et géométriques qui évoquent le rapport entre l’être humain et son univers. Générant une expérience kinesthésique, les multiples lignes gravées qui sillonnent le granit évoquent les empreintes de forces naturelles omniprésentes ainsi que la mémoire de civilisations anciennes.
À quoi vous font penser les motifs gravés sur le granit?
Michel Lagacé
Aluminium peint
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Entrée principale du Musée - Inaugurée en 1986
Originaire de Rivière-du-Loup, Michel Lagacé obtient un baccalauréat et une maîtrise en arts visuels de l’Université du Québec à Montréal. Il enseigne au Département des arts du Cégep de Rivière-du-Loup de 1976 à 2010 et s’implique au sein de Voir à l’Est – art contemporain, dès l’émergence de ce regroupement d’artistes du Bas-Saint-Laurent à la fin des années 1990. Dans sa pratique artistique, il nourrit un fort intérêt pour les formes et les couleurs, qu’il exprime à travers des peintures et des œuvres d’art public.
Dressée sur la partie centrale du Musée du Bas-Saint-Laurent, Signal met en évidence les deux entrées du bâtiment. La structure métallique colorée qui surplombe et encadre l’architecture de l’édifice vient contrebalancer l’austérité du revêtement de béton par le dynamisme de ses couleurs et de ses lignes géométriques. Avec Signal, l’artiste cherche à mettre en valeur la façade de l’édifice afin d’accentuer ses ouvertures, lieux d’accès à la connaissance.
L’œuvre est réalisée dans le contexte de l’agrandissement du Centre d’animation et de diffusion culturelles du Bas-Saint-Laurent, inauguré en 1975 sous l’appellation de Musée d’archéologie de l’Est du Québec, connu aujourd’hui sous le nom de Musée du Bas-Saint-Laurent. Signal s’inscrit dans les expérimentations de Lagacé sur les signes et l’architecture, l’artiste s’intéressant dès les années 1980 aux enjeux de la signalétique et à la démarcation de l’habitat. Inclusive des diverses vocations de l’organisme depuis la création de ce dernier, l’installation agit comme le fil conducteur et démontre l’importance que le Musée accorde à la transmission des savoirs à travers les époques.
Oeuvre réalisée dans le cadre de la Politique d'intégration des arts à l'architecture et à l'environnement du Gouvernement du Québec
L’œuvre Signal encadre les deux entrées du Musée. Traversez la rue pour la voir dans son ensemble.
Louis Belzile
Ciment, fibre de verre, bois
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Entrée principale du Musée - Inaugurée en 2000
Natif de Rimouski, le peintre et sculpteur Louis Belzile (1929-2019) étudie à l’École d’art et de design de l’Ontario, à Toronto, de 1948 à 1952, puis auprès du peintre cubiste André Lhote, à Paris, de 1953 à 1954. Il est l’un des quatre signataires du Manifeste des plasticiens (1955), qui prône une conception de la peinture basée sur les faits plastiques : ton, texture, couleurs, formes, lignes.
Rare sculpture de l’artiste, Les trois âges se distingue de son travail contemporain en peinture, où il explore les effets de la lumière. L’œuvre en trois dimensions prend la forme d’une colonne réalisée à partir de 12 pièces de béton sculptées et d’un couvrement en bois mouluré. L’assemblage est composé de matériaux qui évoquent l’environnement bâti, faisant ainsi référence à l’architecture et offrant un nouveau regard sur ces éléments familiers.
La superposition des panneaux ajourés donne lieu à une construction énigmatique entre le modèle réduit et l’œuvre abstraite. Emblématiques de la pratique de Belzile, les formes géométriques simples sont ici employées pour créer différentes ouvertures et textures dans le béton. Malgré son caractère unique, Les trois âges est un remarquable témoin des recherches de l’artiste qui, à l’époque, est engagé dans une vaste exploration de la profondeur.
Observez bien les jeux de lumière à travers l’œuvre.
Jean-Pierre Morin
Acier peint
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Stationnement du Musée - Inaugurée en 2000
Originaire de Saint-Anselme, Jean-Pierre Morin étudie à l’École de sculpture de Saint-Jean-Port-Joli (1968-1971), puis obtient un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Laval (1978), à Québec, et une maîtrise en beaux-arts de l’Université Concordia (1984), à Montréal. Depuis les années 1980, le sculpteur s’inspire des formes organiques pour créer des œuvres qui entrent en relation avec le vivant et la nature.
La sculpture Icare est constituée de quatre arêtes irrégulières reliées entre elles à leur extrémité, donnant à l’œuvre l’aspect d’une pointe de flèche taillée dans la pierre ou faite de métaux anciens. Évidée, la sculpture est dirigée vers le ciel tout en reposant inégalement au sol. Son titre renvoie à l’imprudent Icare qui, dans la mythologie grecque, périt après avoir négligé les recommandations de son père et s’être approché trop près du soleil.
Faisant référence à l’Antiquité tant par sa forme que par son titre, Icare évoque le phénomène d’élévation. L’étude du mouvement est une préoccupation récurrente dans le travail de l’artiste, qui traduit souvent des phénomènes instables ou insaisissables dans ses sculptures. Ceux-ci acquièrent ainsi une présence et une durée inhabituelle, accrues par l’échelle et le poids de l’œuvre ancrée de façon permanente dans le paysage.
L’œuvre réfère au mythe grec d’Icare. Selon vous, est-ce que la forme de la sculpture évoque davantage l’élan ou la chute?
Claude Millette
Acier Corten, acier peint
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
MRC de Rivière-du-Loup 310, rue Saint-Pierre - Inaugurée en 2002
Né à Saint-Hyacinthe, Claude Millette étudie à l’École de sculpture de Saint-Jean-Port-Joli de 1975 à 1976, puis effectue des stages auprès des sculpteurs Jordi Bonet (1977) et Robert Poulin (1979). Rapidement, il développe un intérêt profond pour les métaux et s’engage dans une démarche artistique nourrie par la volonté constante d’expérimenter la matière. Dans ses œuvres, il cherche à insuffler une sensualité aux matériaux bruts et rigides, particulièrement l’acier.
La sculpture Générescence est composée de trois volumes aux lignes courbes superposés. Deux formes rectangulaires posées l’une sur l’autre donnent une impression de fluidité malgré leur masse évidente. Reposant sur le deuxième module, un globe tronqué est incliné vers le sol. Son autre face s’allonge en forme de flèche et pointe vers le ciel. Ensemble, les trois volumes évoquent un corps dansant sous la voûte céleste, ancré sur la terre ferme tout en s’élevant vers les astres.
Autant dans les thèmes abordés que dans l’exécution des sculptures, le mouvement est au centre de la pratique de Millette. À travers le processus de transformation du matériau, il engage son propre corps afin de transférer au métal une expressivité formelle. L’œuvre naît ainsi du geste de l’artiste, dont l’énergie sollicitée demeure pour toujours au cœur de la composition.
Selon vous, qu’est-ce qui domine dans cette œuvre? La légèreté ou la solidité?
François Maltais
Acier, aluminium, cuivre, acier inoxydable
Collection: MRC de Rivière-du-Loup
MRC de Rivière-du-Loup, 310 rue Saint-Pierre - Inaugurée en 2013
Originaire de la région du Lac-Saint-Jean et établi à Rivière-du-Loup, l’artiste François Maltais détient un baccalauréat interdisciplinaire en arts de l’Université du Québec à Chicoutimi. Activement impliqué dans le milieu culturel, il enseigne au Département des arts du Cégep de Rivière-du-Loup de 1999 à 2023 et assure la direction artistique du concours intercollégial de sculpture sur neige de 2015 à 2023.
La sculpture Le visionnaire prend la forme d’une embarcation imaginaire au sommet de laquelle trône un œil tourné vers l’horizon. Son iris est composé de dizaines de plaquettes de cuivre qui abritent la vision du futur de la population louperivoise. Dans le contexte d’un processus de création faisant appel à la communauté, Maltais a invité enfants et adultes à transcrire leurs souhaits et leurs engagements envers le futur, lesquels ont par la suite été consignés sur les plaquettes. Constituée de dizaines de bras tendus, la voile intègre les bras des participant·e·s, photographiés par l’artiste, puis découpés dans l’aluminium.
Inaugurée en 2013, l’œuvre a été réalisée afin de souligner la vision stratégique 2011-2031 de la MRC de Rivière-du-Loup, axée autour de la volonté de prendre position pour l’avenir. Porteuse des désirs collectifs, Le visionnaire maintient le cap vers un futur marqué par la créativité, l’engagement et l’innovation.
Merci aux artisans de Soudures RGM de Rivière-du-Loup.
La réalisation de l'œuvre est financée par la MRC de Rivière-du-Loup, le Pacte rural, le CLD, la SADC et la Commission scolaire de Kamouraska-Rivière-du-Loup.
Les mots inscrits sur la base de l’œuvre représentent des souhaits et des engagements d’enfants et d’adultes pour le futur. Quels seraient les vôtres ?
David Sorensen
Acier soudé et peint
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
MRC de Rivière-du-Loup, 310 rue Saint-Pierre - Inaugurée en 2002
Né à Vancouver en 1937, David Sorensen (1937-2011) étudie auprès de l’architecte Arthur Erickson, du sculpteur Iljuwas Bill Reid et du peintre Jack Shadbolt avant de s’établir au Québec, au milieu des années 1960. S’intéressant à l’art moderne québécois, Sorensen développe une approche artistique basée sur l’abstraction et l’expressivité. Il est particulièrement reconnu pour son travail en peinture, où il cherche à traduire l’impression intime des lieux qu’il visite et fréquente.
Millenium Stele A (AGX 1) et Millenium Stele B (AGX 2) sont deux structures géométriques composées de rectangles se dressant à la verticale. D’aspect minimal et linéaire, les formes métalliques étroites et allongées évoquent la silhouette d’édifices dépouillés de tout ornement. Leurs couleurs font allusion aux teintes des métaux, le bleu-vert renvoyant à l’oxydation du cuivre et le gris renvoyant à l’acier brut.
Les sculptures Millenium Stele laissent ainsi transparaître les préoccupations de l’artiste envers l’architecture et la matérialité. Malgré leur apparence industrielle, elles recèlent de profondes correspondances avec l’esprit et l’activité humaine. Elles attirent l’attention sur le métal comme matériau et sujet, dont l’histoire est directement liée à celle du progrès de l’humanité, et sur la présence humaine derrière le travail architectural et technique.
Quels liens observez-vous entre ces sculptures et le bâtiment adjacent?
Claude Millette
Acier
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Parc du Campus-et-de-la-Cité, coin rue Saint-Pierre et rue Desjardins - Inaugurée en 2010
Né à Saint-Hyacinthe en 1957, Claude Millette étudie à l’École de sculpture de Saint-Jean-Port-Joli de 1975 à 1976, puis effectue des stages auprès des sculpteurs Jordi Bonet (1977) et Robert Poulin (1979). Rapidement, il développe un intérêt profond envers les métaux et s’engage dans une démarche artistique nourrie par la volonté constante d’expérimenter la matière. Dans ses œuvres, il cherche à insuffler un élan vital aux matériaux bruts et rigides, particulièrement l’acier.
La sculpture Gyrostatique allie les formes et les textures de l’acier dans une chorégraphie où se rencontrent souplesse et rigidité, équilibre et instabilité, immobilité et mouvement. L’enchevêtrement des formes linéaires, des grillages et des lignes courbes contribue à générer une énergie au sein de la sculpture. Inspiré par la danse, où l’énergie est produite par les tensions qui surviennent entre les corps ou membres du corps, Millette crée ses œuvres en misant sur des effets de juxtaposition et d’opposition.
Le titre de la sculpture combine deux idées antithétiques : gyro, qui renvoie au mouvement rotatif, et statique, qui réfère à l’immobilité. Similairement, la structure conjugue les pleins et les vides afin d’aviver notre perception visuelle. Aux limites mêmes de la logique, Gyrostatique s’inscrit dans les recherches de l’artiste sur la notion de confrontation.
Faites le tour de l’œuvre et imaginez-la tourner dans le vent.
Ludovic Boney
Aluminium peint, cèdre
Collection: Ville de Rivière-du-Loup
Parc du Campus-et-de-la-Cité - Inaugurée en 2010
Né à Wendake en 1981, l’artiste huron-wendat Ludovic Boney étudie la sculpture à la Maison des métiers d’arts de Québec et s’adonne, dès le début de sa carrière, à la réalisation de projets d’art public. Reconnu pour ses œuvres volumineuses et colorées, il manie les codes et les matériaux de façon à générer des compositions contrastées qui allient tradition culturelle et forme contemporaine.
L’installation Fleur d’assise est constituée de cinq modules en aluminium ajourés d’étoiles de différentes couleurs et traversés par trois poutres de cèdre. Comme une suite de wagons qui se déploie le long du chemin, l’œuvre fait référence à l’importance historique du réseau ferroviaire dans le développement de Rivière-du-Loup. Par leur disposition en zigzag, les robustes pièces de bois semblent mises en mouvement, non sans rappeler celui des roues d’anciennes locomotives.
D’autre part, Fleur d’assise fait écho à la nature de la région. Les plis qui rompent l’alignement du métal évoquent les surfaces rocheuses des affleurements et les cascades situées à proximité de la chute de la rivière du Loup. S’harmonisant aux astres naturels la nuit venue, les étoiles colorées symbolisent une présence immuable : tout au long de l’histoire, les êtres humains se sont tournés vers les étoiles.
Oeuvre réalisée dans le cadre de la Politique d'intégration des arts à l'architecture et à l'environnement du Gouvernement du Québec
Prenez du recul pour observer le mouvement créé dans l’œuvre par le pliage du métal et la disposition des poutres de bois.
Marcel Braitstein
Acier peint
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Bureau d'information touristique de Rivière-du-Loup 189, boul. de l'Hôtel-de-Ville - Inaugurée en 2002
Né en Belgique en 1935, l’artiste et écrivain Marcel Braitstein immigre au Canada en 1951. Diplômé de l’École des beaux-arts de Montréal, il enseigne au Département d’arts plastiques (aujourd’hui l’École des arts visuels et médiatiques) de l’Université du Québec à Montréal de 1969 à 1998. La condition humaine et le monde naturel sont une source d’inspiration inépuisable pour Braitstein, qui explore notamment les thèmes de la mort et de la destruction dans ses œuvres sculpturales et littéraires.
La sculpture Oiseau sur colonne représente un oiseau perché sur une colonne morcelée. Ailes déployées, bec béant et serres ouvertes, il arbore un air menaçant. Réalisée à l’aide de la technique du métal soudé, l’œuvre comporte plusieurs éléments acérés qui accentuent, par leur couleur rouge vif, son caractère expressif et angoissant. Le plumage de l’oiseau, communément souple et soyeux, semble aussi rigide et tranchant que la lame d’une épée.
S’inscrivant dans les recherches de l’artiste sur les figures animalières, Oiseau sur colonne témoigne de la fascination de Braitstein pour les créatures réelles et imaginaires. D’origine juive, ce dernier puise souvent dans ce registre pour évoquer les horreurs de la guerre, qu’il a bien connues lors de l’occupation allemande de la Belgique pendant la Seconde Guerre mondiale.
En observant l’œuvre, quel rapport pouvez-vous faire entre l’oiseau et la colonne? Qu’est-ce que ce dialogue signifie selon vous?
Guerino Ruba
Bronze
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Cégep de Rivière-du-Loup, entrée des résidences au 325, rue Saint-Pierre - Inaugurée en 2003
Né à Pola en Italie (actuellement Pula, Croatie) en 1940, Guerino Ruba s’installe à Montréal en 1967 et étudie la sculpture à l’Université du Québec à Montréal. Il enseigne au Département des arts visuels du Cégep du Vieux Montréal jusqu’en 2004. Créateur engagé, Ruba réalise des œuvres intransigeantes qui expriment sans compromis le côté sombre de l’humanité. La guerre, la cruauté et la mort sont autant de thèmes qu’il représente dans son travail.
La série Giocolieri, qui comprend les sculptures Giocoliere I, II et III, renvoie à la figure du bouffon, ce personnage chargé de divertir la royauté. Signifiant « jongleurs » en italien, les giocolieri de Ruba entremêlent les références au monde du cirque, à la comédie italienne, ainsi qu’à la Révolution française, qui a mis fin à la monarchie absolue et a été marquée par des périodes de grande violence.
Faisant face aux Giocoliere II et III, Giocoliere I se distingue par ses motifs spécifiques. Une couronne, reposant sur un trône, est érigée sur une forme rectangulaire qui évoque les contours d’une guillotine. Devant cette figure royale, deux personnages étranges semblent figés au milieu d’un numéro de jonglerie, l’un dont le visage est grièvement strié et l’autre portant un masque à gaz.
Si cette œuvre vous racontait une histoire, quelle serait-elle?
Denis Beauséjour, Youri Blanchet et François Maltais
Bois torréfié, métal peint
Collection: Cégep de Rivière-du-Loup
Cégep de Rivière-du-Loup, coin rue Saint-Pierre et rue Frontenac - Inaugurée en 2021
Par leur pratique artistique individuelle et leur carrière en enseignement au Département des arts du Cégep de Rivière-du-Loup, les artistes Denis Beauséjour, Youri Blanchet et François Maltais participent activement à la vitalité du milieu culturel régional. Ensemble, ils créent la sculpture Se tenir debout et rayonner, dont la visée est de souligner le rôle déterminant du Cégep depuis sa création en 1969.
Légèrement inclinée, l’œuvre est composée d’une forme ovale qui se déploie vers le ciel en une flamboyante traînée géométrique. Elle s’apparente à une bouée maritime servant à guider les bateaux, qui symbolise ici les balises offertes par l’éducation. Reproduisant l’ondoiement d’une vague, l’aménagement paysager qui borde la structure lui confère un effet de flottement. L’installation conjugue ainsi l’apprentissage et le fleuve, qui caractérise l’environnement du Cégep.
Empreinte de l’esprit de camaraderie qui baigne l’institution louperivoise, Se tenir debout et rayonner fait référence aux origines du Cégep, qui a vu le jour grâce à la mobilisation de la communauté. La verticalité de l’œuvre évoque également l’épanouissement personnel et collectif impulsé par l’éducation. Ancrée dans le passé et s’élevant vers l’avenir, la sculpture témoigne non seulement de l’importance socioéconomique et culturelle de cet établissement d’enseignement collégial, mais elle met en lumière sa nature profondément collaborative.
Les artistes ont voulu faire référence notamment à une bouée maritime. Selon vous, quel serait le lien entre l’éducation et la bouée?
Charles Daudelin
Acier corten
Collection: Ville de Rivière-du-Loup
Centre Premier Tech, 75 rue Frontenac - Inaugurée en 2006
Né à Granby, Charles Daudelin (1920-2001) s’installe à Montréal en 1939 et fréquente l’École du meuble, où lui enseigne notamment Paul-Émile Borduas. Pionnier de l’intégration de l’art à l’architecture, Daudelin ouvre la voie à la sculpture monumentale sur la place publique. Il se dévoue, jusqu’à son décès, à la mise en forme de projets d’art public qui lui permettent d’aller à la rencontre des gens et de générer un espace collectif.
Dans les années 1980, le sculpteur explore activement la technique du pliage et crée plusieurs maquettes autour de ce thème, qui lui permet de manipuler les matériaux et d’animer la sculpture. Il réalise L'Émérillon, une sculpture de petit format en laiton qui fait office de trophée lors du prix France-Canada du cinéma et de l’audiovisuel, en 1986. En 2005, la Ville de Rivière-du-Loup en acquiert un agrandissement en acier.
L'Émérillon renvoie au petit faucon du même nom et rappelle le déploiement des ailes d’un oiseau tout en évoquant également un bateau à voiles. L’œuvre témoigne des préoccupations au cœur de la pratique de l’artiste, qui s’intéresse à la géométrie et aux rapports de dualité entre les vides et les pleins, ainsi qu’entre l’instabilité et l’équilibre. Révélant les pliages évidents de la maquette, la sculpture monumentale est un exemple remarquable des volumes si particuliers de Daudelin.
Déplacez-vous autour de l’œuvre afin de percevoir à la fois les ailes d’un faucon et les voiles d’un bateau.
Cooke-Sasseville
Métal peint
Collection: Ville de Rivière-du-Loup
Stade de la Cité des jeunes 75, rue Frontenac - Inaugurée en 2021
Les artistes Jean-François Cooke et Pierre Sasseville travaillent conjointement sous le nom Cooke-Sasseville depuis 2000. Leur pratique artistique est caractérisée par la rencontre improbable entre des éléments souvent banals, dont le sens et la fonction sont détournés à travers des jeux d’échelle et des scénographies éclatées. Le duo met ainsi en œuvre un art marqué d’humour qui s’ancre dans la spécificité québécoise et collectionne les clins d’œil à la culture populaire et à l’actualité politico-économique.
La sculpture Jeu de clés est composée de trois mâts qui sont couronnés d’une série de clés disposées en éventail. Par définition, la clé est destinée à ouvrir ou à fermer une serrure. Elle est employée dans un grand nombre d’expressions populaires, telles que « la clé du problème », où elle représente la solution. L’expression « clés en main », pour sa part, sous-entend que chaque personne dispose des outils nécessaires à son propre épanouissement.
Dans Jeu de clés, chaque clé représente le profil d’un visage humain. Ces multiples figures anonymes découpées dans le panneton – la section de la clé servant à verrouiller ou déverrouiller une serrure – évoquent l’importance du rôle de chaque individu à l’intérieur d’un ensemble social. Sans panneton, toutes les clés seraient identiques; c’est ce détail qui en génère le caractère unique.
Oeuvre réalisée dans le cadre de la Politique d'intégration des arts à l'architecture et à l'environnement du Gouvernement du Québec
Chacun des mâts de l’œuvre présente une accumulation de clés sur lesquelles se découpent des profils de visages uniques. À quoi réfère ce rassemblement?
Gilles Girard
Aluminium brossé
Collection: Centre de services scolaire Kamouraska-Rivière-du-Loup
Pavillon-de-l’Avenir, entrée rue Landry - Inaugurée en 1996
Originaire de Price et établi à Matane, le sculpteur Gilles Girard détient un baccalauréat en arts visuels de l’Université Laval, à Québec. En constante recherche d’esthétisme graphique dans l’espace, il articule sa pratique autour de la création de sculptures aux formes animalières et aux lignes dynamiques.
Croissance, développement, devenir se déploie en une gigantesque spirale dont l’extrémité supérieure est projetée vers le ciel. La structure s’apparente à un énorme escargot qui porte une coquille arrondie et tend ses antennes. Malgré la lenteur reconnue du mollusque, l’œuvre est empreinte de mouvement, elle semble se propulser à toute vitesse vers l’avant. L’image produite, drôlement contradictoire, allie plusieurs concepts opposés : l’inertie de l’animal et le dynamisme de la spirale, la mollesse d’un corps flasque et la rigidité du métal, la masse minérale de la coquille et la légèreté de l’aluminium.
La sculpture Croissance, développement, devenir contraste avec son environnement tout en s’harmonisant à l’écosystème naturel dans lequel elle s’insère. S’inscrivant dans une production inspirée du monde animal et nourrie par l’imaginaire, l’œuvre témoigne de l’intérêt de l’artiste envers les créatures de toutes sortes. Elle participe ainsi à la constitution d’un étrange bestiaire, dans lequel l’escargot géant occupe assurément une place singulière.
Oeuvre réalisée dans le cadre de la Politique d'intégration des arts à l'architecture et à l'environnement du Gouvernement du Québec
Quels éléments de l’œuvre représentent la croissance? Le développement? Le devenir?
Yves Trudeau
Bronze soudé
Collection: Centre de services scolaire Kamouraska-Rivière-du-Loup
Pavillon-de-l’Avenir, entrée rue Sainte-Anne - Inaugurée en 1968
Né à Montréal, Yves Trudeau (1930-2017) se forme dès l’adolescence aux disciplines artistiques avant de commencer sa carrière de sculpteur à la fin des années 1950. Engagé au sein de plusieurs associations, son action en tant que membre fondateur de l’Association des sculpteurs du Québec s’avère déterminante dans la création du Musée d’art contemporain de Montréal.
L’installation Reliefs est composée de cinq unités massives dont la disposition évoque un visage. D’une ampleur colossale, la figure apparaît en saillie sur la façade arrondie tout en s’insérant dans l’architecture du bâtiment. Les aspérités des éléments modulaires, conjugués à la forme et à la configuration de ceux-ci, rappellent les traits distinctifs d’une bouche, d’un nez et de deux yeux. L’œuvre témoigne de l’approche du sculpteur qui, à cette époque, intègre dans ses créations de nombreuses références à l’humain.
Dans les années 1960, Trudeau explore notamment la notion de mobilité dans des œuvres statiques. Le motif de la roue ou de l’engrenage, qui revient à plusieurs reprises dans Reliefs, exprime les tensions recherchées par l’artiste entre le mouvement et l’immobilité. L’installation dénote également certaines préoccupations qui marqueront sa production ultérieure, telles que les rapports entre l’englobé et l’englobant, le dedans et le dehors, l’ouvert et le fermé, l’inclus et l’incluant.
À part un visage, qu’est-ce que l’assemblage des composantes de cette œuvre pourrait aussi représenter?
Émilie Rondeau
Aluminium anodisé découpé, gravé et peint, acier galvanisé, impression numérique
Collection: École de musique Alain-Caron
École de musique Alain-Caron 75, rue Sainte-Anne - Inaugurée en 2010
Originaire de Saint-Hyacinthe et établie à Rivière-Ouelle, l’artiste Émilie Rondeau détient un baccalauréat en arts visuels de l’Université Concordia, à Montréal, et une maîtrise en arts visuels de l’École d’art et de design de la Nouvelle-Écosse, à Halifax. Au moyen de processus visant le détournement des sens et le mélange des repères, elle crée des œuvres oniriques qui conjuguent le réel et l’imaginaire.
Vocalises d’une baleine à cordes fusionne la silhouette du rorqual commun, présent dans l’estuaire du Saint-Laurent à la hauteur de Rivière-du-Loup, et la célèbre guitare basse du musicien de jazz Alain Caron, natif de Saint-Éloi et qui a donné son nom à l’école de musique où la sculpture est érigée. Perpétuées par l’effet miroir de l’entrée vitrée, les courbes du corps du cétacé se mêlent joyeusement à celles de l’instrument à cordes. À l’intérieur du bâtiment, le manche de la guitare se prolonge en un paysage panoramique qui représente la vue du fleuve et des montagnes faisant face à la ville.
Les ondulations déployées tout au long de l’œuvre rappellent les compositions musicales du bassiste et le rôle de l’École de musique Alain-Caron, ainsi que le chant des baleines et les remous du fleuve. Réenchantant l’environnement qui l’entoure, la « baleine à cordes » nous invite à poser un regard nouveau sur notre milieu de vie.
Saviez-vous que cette œuvre se prolonge à l’intérieur? N’hésitez pas à entrer pour la découvrir dans son ensemble.
Tatiana Démidoff-Séguin
Ciment fondu et vitrifié, acier
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
118, boul. Hôtel-de-Ville - Inaugurée en 2003
Note: L'oeuvre a été déplacée, elle sera installée dans les jardins du Musée au courant de l'été 2026
D’origine russe et française, née en Algérie, l’artiste Tatiana Démidoff-Séguin (1935-2006) s’établit au Québec en 1962, après des études en arts à Paris et Alger. Cofondatrice d’Espace, une revue spécialisée vouée à la promotion de la sculpture contemporaine, elle s’impose par sa pratique et son engagement comme une figure marquante de la sculpture au Québec.
Transmutation est une installation en ciment formée de trois colonnes de 500 livres (225 kg) chacune et d’un bas-relief de 6 800 livres (3 000 kg). Le poids impressionnant de l’œuvre n’est toutefois pas apparent, car les éléments semblent plutôt faits d’un matériau léger et froissable. Leurs surfaces polies présentent de multiples plis et replis qui donnent une impression de malléabilité, à l’encontre de la nature même du ciment. Démidoff-Séguin joue ainsi avec les modalités de la perception visuelle et induit un doute quant à la matérialité de l’œuvre.
Réalisée avec une truelle – un instrument servant en maçonnerie à étendre des matériaux pâteux et en arts, à étaler des masses de peinture sur la toile –, Transmutation conjugue des références à l’art moderne et au domaine de la construction. Entremêlées aux empreintes du procédé de production, les traces de l’intervention de l’artiste invitent à réfléchir à la hiérarchisation des matériaux – certains ayant été qualifiés de nobles ou de pauvres à travers l’histoire – et à remettre en question les certitudes.
L’œuvre présente une variété de textures. Pourquoi ne pas prendre un moment pour les toucher?
Pierre Leblanc
Acier peint, pierre
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Parc Blais, coin rue Lafontaine et rue du Rocher - Inaugurée en 2002
Né dans le quartier Côte-Saint-Paul à Montréal en 1949, Pierre Leblanc apprend les bases de la sculpture auprès de l’artiste André Fournelle. Son lieu de naissance, marqué par la condition ouvrière, et les changements qui en ont transformé le tissu urbain et social teintent sa pratique artistique, où il explore son propre passé et l’histoire collective. Le concept de mémoire et le rapport à l’architecture se retrouvent souvent au cœur des projets du sculpteur.
L’installation Mémoire est composée de deux structures assemblées à la façon d’une mise en scène et réalisées à partir d’éléments géométriques. La première prend la forme d’une ancienne caméra à manivelle et est disposée devant la seconde, qui ressemble à un décor de cinéma. Une colonne arquée coiffe un escalier asymétrique au haut duquel repose une fenêtre. Cadrée par l’ouverture, une pierre ronde posée sur une colonnette constitue le point focal de l’installation.
La pierre contraste vivement avec les structures géométriques blanches, dont les arêtes tracées en noir contribuent à en accentuer le caractère factice. Ainsi mises en lumière, la matérialité et la nature organique de la pierre témoignent des réflexions qui animent Leblanc, qui se tourne vers le monde naturel pour exprimer un point de vue critique face à la société de consommation et son rapport à l’environnement.
Pourquoi avoir mis en scène une pierre?
Tatiana Démidoff-Séguin
Ciment fondu et vitrifié, câble d’acier, ciment
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Devant le Théâtre de la Goélette 67, rue du Rocher - Inaugurée en 2004
D’origine russe et française, née en Algérie, l’artiste Tatiana Démidoff-Séguin (1935-2006) s’établit au Québec en 1962, après des études en arts à Paris et Alger. Cofondatrice d’Espace, une revue spécialisée vouée à la promotion de la sculpture contemporaine, elle s’impose par sa pratique et son engagement comme une figure marquante de la sculpture au Québec.
La sculpture Chan Jòdla (d’après une expression créole signifiant « Aujourd’hui, c’est mon jour de chance ») fait partie d’un groupe d’œuvres produit en Guadeloupe et inspiré par l’environnement de l’archipel caribéen. Elle prend la forme simplifiée d’un bateau, dont elle représente les trois parties emblématiques – la proue, le mât et la poupe –, chacune composée d’éléments en ciment coloré qui, empilés sur un socle rougeâtre et liés par un câble, dessinent la silhouette de l’embarcation.
Lors de l’inauguration de la sculpture en 2008, l’artiste a invité les gens à laisser leur marque dans la base en ciment qui maintient les poteaux, comme elle l’a fait dans des œuvres précédentes. La dimension collective, qui occupe une place importante dans son travail, est ainsi affirmée à travers le geste d’autrui. Un geste qui est non seulement rendu visible, mais qui donne forme au support de l’œuvre.
Considérant que l’œuvre représente un bateau, qu’est-ce que son titre, qui signifie « aujourd’hui, c’est mon jour de chance », pourrait vous raconter?
Marie-Fauve Bélanger
Granit, aluminium peint
Collection: Ville de Rivière-du-Loup
Bibliothèque Françoise-Bédard, entrée côté ouest 67, rue du Rocher - Inaugurée en 2023
Originaire de Lac-Saint-Charles, Marie-Fauve Bélanger est titulaire d’un baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’Université Laval et d’un diplôme de la Maison des métiers d’art de Québec. Issues d’une démarche ancrée dans l’expérience de l’environnement, ses œuvres s’apparentent à des fragments organiques et géologiques où s’unissent nature et culture.
La sculpture Semence est formée d’une superposition de différentes couches verticales, au centre desquelles se dresse une tige recourbée qui porte une feuille ajourée. Comme son titre l’indique, l’ensemble représente une graine en cours de germination. Se délestant délicatement de son enveloppe et faisant place à la première pousse, la semence s’enracine en même temps qu’elle se déploie vers le soleil. La juxtaposition des matériaux naturels et artificiels, enrichie par la mixité des textures et des couleurs, fait écho à la nature environnante.
À partir d’un minuscule pépin peut naître un arbre immense. Ayant la capacité de produire une plante complète, la semence symbolise les prémisses de l’existence et évoque la genèse des idées. Semence rassemble en pensée tous ces arbres prodigieux qui peuplent notre environnement, témoins silencieux de notre vie. Elle invite ainsi à prendre conscience de la portée des choses qui nous entourent, jusqu’à la plus ténue des pousses.
Oeuvre réalisée dans le cadre de la Politique d'intégration des arts à l'architecture et à l'environnement du Gouvernement du Québec
Quel lien pouvez-vous faire entre l’œuvre et la lecture?
Dominique Valade
Fils de cuivre, acier, pierre, végétaux
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Jardins du Manoir Fraser 32, rue Fraser - Inaugurée en 2004
Dominique Valade détient une maîtrise en arts visuels (1994) et un doctorat en études et pratiques des arts (2004) de l’Université du Québec à Montréal, où elle s’est penchée sur la réactualisation du paysage dans l’œuvre sculpturale. Au cours des années 1990 et 2000, elle conçoit une série d’installations autour de la notion d’habitacle, explorant une multitude d’éléments qui entourent ou forment l’habitacle humain.
L’installation De la cime aux racines : la nature comme abri présente deux assemblages complémentaires. D’un côté, un vieux pommier fait de fils de cuivre est déposé sur une caisse métallique renversée. Bordé de végétaux, il est enclos par quatre murets de pierre anciens qui constituaient vraisemblablement l’écurie du domaine seigneurial Fraser. De l’autre côté, une structure couronnée d’une longue-vue abrite un arbre dont le feuillage en recouvre inversement l’ossature.
En dialogue avec les vestiges historiques et la végétation du site, l’œuvre conjugue des éléments naturels et artificiels de façon à évoquer le thème de l’habitat et le rôle qu’y joue la nature. De la cime aux racines : la nature comme abri estompe les frontières entre l’environnement bâti et naturel, mettant en valeur les élans de réciprocité qui transforment un espace en un lieu de vie.
Considérant le titre et les deux composantes de l’œuvre, quels liens faites-vous entre l’arbre et l’abri?
André Fournelle
Acier corten, feuilles d’or, éclairage intégré
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Carrefour giratoire, entrée ouest de la ville, boul. Hôtel-de-Ville - Inaugurée en 2010
Né en Angleterre en 1939 et ayant grandi à Montréal, l’artiste André Fournelle se forme à la sculpture auprès d’Armand Vaillancourt, ainsi qu’en suivant des ateliers aux États-Unis et en Europe. En tandem avec le sculpteur Marc Boisvert, il met sur pied une fonderie expérimentale et collective à Pierrefonds en 1967. Orphelin de guerre, Fournelle ancre sa pratique dans une profonde sensibilité à la fragilité humaine et un engagement social et politique affirmé.
L’accueil prend la forme d’une arche monumentale au centre de laquelle trône une surface circulaire recouverte de feuilles d’or. Encerclée par un vaste anneau, la coupole verticale rappelle une pupille ou une planète lointaine. Reflétant les rayons du soleil le jour, elle réfléchit à la nuit venue la lumière provenant de l’éclairage intégré à l’anneau. De fait, L’accueil relève d’un intérêt marqué de l’artiste pour le feu et, par extension, pour toute forme d’incandescence.
L’orangé de la structure et le jaune de l’impressionnante coupole contribuent à faire de l’œuvre le point focal du carrefour giratoire où elle est érigée. Située à l’extrémité ouest de la ville depuis 2009, L’accueil fait honneur à son nom en saluant, de sa présence majestueuse, quiconque fait son entrée à Rivière-du-Loup.
En réfléchissant à son emplacement, à quoi pouvez-vous associer le titre et la forme de cette œuvre?
Yves Trudeau
Acier Corten soudé
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
311, boul. Hôtel-de-Ville - Inaugurée en 2010
Né à Montréal en 1930, Yves Trudeau (1930-2017) se forme dès l’adolescence aux disciplines artistiques avant de commencer sa carrière de sculpteur, à la fin des années 1950. Engagé au sein de plusieurs associations, son action en tant que membre fondateur de l’Association des sculpteurs du Québec s’avère déterminante dans la création du Musée d’art contemporain de Montréal.
La sculpture Sans titre (Enchevêtrement) est réalisée à partir de formes découpées dans des feuilles d’acier, puis soudées ensemble. Les enchevêtrements ainsi créés semblent porter les marques de pliage, comme si l’artiste avait rabattu la plaque métallique sur elle-même, telle une feuille de papier, pour en évider des sections. En raison de sa complexité, il est ardu de tenter de repérer le début et la fin de la structure, tant les éléments s’entrecroisent.
Préoccupé par le mouvement, l’élan et la gravité, Trudeau conçoit des œuvres qui, plutôt que de s’ancrer dans le sol, semblent vouloir s’élever dans l’atmosphère. Sans titre (Enchevêtrement) s’inscrit ainsi dans le travail de l’artiste autour de la notion de mobilité en sculpture. Les multiples plis et replis de l’œuvre, en plus de ses innombrables vides, lui donnent une impression de légèreté et d’ondulation, accentuant encore davantage son effet de papier.
Essayez de suivre les tracés de l’œuvre avec votre doigt pour prendre conscience de la multitude des enchevêtrements qu’elle contient.
Bill Vazan
Granit sculpté au jet de sable
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
169, rue Fraser - Inaugurée en 2002
Né à Toronto en 1933, Bill Vazan étudie à l’École d’art et de design de l’Ontario, à l’École des Beaux-Arts de Paris et à l’Université Sir George Williams, à Montréal, où il s’établit en 1957. Grandement stimulé par l’idée d’inscrire Montréal et le Québec dans un réseau international, il participe à la fondation de Véhicule Art (Montréal) Inc., un important centre de diffusion parallèle où sont présentées des pratiques actuelles et expérimentales, dans les années 1970.
Fondée sur l’idée que la nature et l’humanité sont profondément liées, sa démarche artistique s’inspire du land art, un courant artistique apparu au cours des années 1960 et qui consiste à intervenir sur l’espace et les composantes du paysage. Vazan crée, tout au long de sa carrière, une vaste série de pierres sculptées qui sont marquées de motifs symboliques. Ces inscriptions pratiquées par l’artiste font souvent référence aux traces laissées par l’occupation humaine.
Les sculptures Dense et Vapour présentent toutes deux des motifs sinueux qui se déploient en de multiples spirales et formes labyrinthiques. Celles-ci évoquent la trajectoire serpentine d’un être vivant ou ses restes fossilisés, mais aussi le mouvement humain qui sillonne le territoire et dont l’exploitation atteint même la croûte terrestre, au plus profond du sous-sol.
Quels éléments de la nature les mouvements créés par Vazan sur ces deux œuvres vous inspirent-ils?
Dominique Rolland et Dominique Valade
Acier Corten, titane, lampadaire en fonte d’aluminium, clôtures en fer forgé, acier
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
108, rue Fraser - Inaugurée en 2015
Dominique Rolland étudie la sculpture à l’Université du Québec à Montréal de 1974 à 1979, puis fonde en 1983 le Centre des arts contemporains, un lieu de diffusion et de création montréalais consacré à la sculpture monumentale. Sa pratique artistique est axée autour d’un important intérêt pour l’histoire. Pour sa part, Dominique Valade détient une maîtrise en arts visuels (1994) et un doctorat en études et pratiques des arts (2004) de l’Université du Québec à Montréal, où elle s’est penchée sur la réactualisation du paysage dans l’œuvre sculpturale.
L’installation Clair de lune prend la forme d’une agora fantaisiste inspirée des places publiques qui, dans la Grèce antique, constituaient le centre de la vie économique et politique de la cité. Elle est composée d’une plateforme encadrée d’arcs métalliques, qui rappellent la célèbre tour Eiffel, et de deux colonnes, dont les angles arrondis et les multiples hublots évoquent les engins sous-marins imaginés par l’écrivain Jules Verne.
Des clôtures en fer forgé bordent le module hétéroclite, où un système d’éclairage dissimulé est visible à travers les ouvertures qui trouent la colonne la plus haute. Clair de lune condense les temps anciens et futurs à la manière de la science-fiction et invite les membres du public à laisser libre cours à leur imagination et à s’insérer dans la mise en scène.
Cette installation pourrait laisser penser à un décor. Quelles actions pourraient s’y dérouler et quels personnages pourraient y prendre place?
Tatiana Démidoff-Séguin
Ciment fondu et vitrifié
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Parc de la Pointe, rue Mackay - Inaugurée en 2003
D’origine russe et française, née en Algérie, l’artiste Tatiana Démidoff-Séguin (1935-2006) s’établit au Québec en 1962, après des études en arts à Paris et Alger. Cofondatrice d’Espace, une revue spécialisée vouée à la promotion de la sculpture contemporaine, elle s’impose par sa pratique et son engagement comme une figure marquante de la sculpture au Québec.
Composée de deux piliers coiffés d’un linteau, l’œuvre Passage n’est pas sans rappeler les célèbres monuments de pierre de Stonehenge. Sa surface porte les marques laissées par le procédé de coffrage, mais le lustre créé par la vitrification – qui transforme le ciment en matériau vitreux par fusion et refroidissement – lui confère néanmoins un caractère raffiné. Le contraste entre ces deux techniques invite à amorcer une réflexion sur la matière et son impact sur le vécu humain.
Comme son titre l’indique, la sculpture est faite pour être traversée. Elle incarne en quelque sorte un portail vers des temps anciens que la mémoire seule ne peut retracer, ouvrant sur le fleuve et partageant son amalgame immémorial de sable et d’eau. Entre mise en scène historique et objet architectural, Passage allie force et fragilité tout en faisant écho au passage du temps et à l’empreinte qu’il laisse derrière lui.
Ce passage est conçu pour être traversé. À quoi vous permet-il d’accéder?
Michel Bernier et Myriam Kachour
Acier
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Parc de la Pointe, rue Mackay - Inaugurée en 2010
Les artistes Michel Bernier et Myriam Kachour partagent un intérêt profond pour la matière et le monde qui les entoure. Ferronnier, soudeur et sculpteur, Bernier se spécialise en arts métallurgiques et fabrique des sculptures monumentales pour plusieurs artistes. De son côté, Kachour mène des projets en arts visuels qui prennent souvent la forme d’installations immersives. Ensemble, les artistes ont réalisé de nombreuses œuvres.
La sculpture Nature et protection est composée de quatre structures arrondies qui rappellent différents symboles tels que le bouclier, les ailes d’un moulin, la boussole et le cadran solaire, parmi d’autres. Morcelant le paysage à la manière d’un diagramme circulaire, la rigidité de l’acier contraste avec le caractère insaisissable du décor maritime. Dressées devant le fleuve, les armatures métalliques encerclent imperturbablement les paysages changeants, offrant une multiplicité de points de vue qui permettent d’observer autrement la réalité.
Traversée par les éléments naturels, la sculpture capte la vivacité des vents marins et le chuchotement cyclique des marées. Sa force silencieuse et ancrée invite à la contemplation, à s’éloigner du tumulte du quotidien et à se concentrer sur l’expérience immédiate devant la beauté du fleuve. La sculpture sert ainsi d’intermédiaire entre soi et l’immensité, reliant de façon sensible l’humanité et la nature.
Chaque structure offre une perspective unique sur le paysage. Amusez-vous à vous déplacer et à les observer. Laquelle est votre préférée?
Armand Vaillancourt
Béton, acier
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Centre Hospitalier du Grand-Portage, côté boul. Armand-Thériault - Inaugurée en 2012
Né à Black Lake dans la région de Thetford Mines, Armand Vaillancourt fréquente l’École des beaux-arts de Montréal au début des années 1950. Artiste et militant engagé, il joue un rôle important dans le développement de la sculpture québécoise. Ses œuvres, bien qu’essentiellement abstraites, sont portées par des convictions sociales et des revendications politiques que l’artiste a su renouveler au cours de près de sept décennies.
Alliant une structure de béton et des pièces d’acier récupérées, Le grand déversement prend la forme d’un ponceau rempli d’objets rouillés et dont la partie supérieure a été soustraite. Visiblement usinés, les éléments désordonnés se déversent dans une cuve circulaire rappelant un bassin de rétention des eaux pluviales. Ces éléments, tous identiques, sont des marteaux de concasseur ayant servi à pulvériser une panoplie de matériaux destinés à être recyclés.
L’œuvre est située là où se dressait autrefois la longue dalle de bois reliant le moulin Caldwell au port, et qui servait à transporter les madriers vers le fleuve. Transformant les rebuts de notre civilisation en artefacts empreints de valeurs sociales et historiques, Le grand déversement témoigne du passé de Rivière-du-Loup tout en livrant un commentaire lucide sur l’avenir environnemental de notre planète.
En référence à un grand déversement, quels autres objets auraient pu se retrouver au cœur de la sculpture à la place des têtes de marteaux de concasseur?
André Fournelle
Acier soudé et peint
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
51, rue Fraserville - Inaugurée en 2004
Né en Angleterre en 1939 et ayant grandi à Montréal, l’artiste André Fournelle se forme à la sculpture auprès d’Armand Vaillancourt, ainsi qu’en suivant des ateliers aux États-Unis et en Europe. En tandem avec le sculpteur Marc Boisvert, il met sur pied une fonderie expérimentale et collective à Pierrefonds en 1967. Orphelin de guerre, Fournelle ancre sa pratique dans une profonde sensibilité à la fragilité humaine et un engagement social et politique affirmé.
La sculpture Les ailes de la liberté est composée de deux pièces presque identiques dont la forme évoque le moment de l’envol. Réalisée dans le contexte de la crise d’Octobre, l’œuvre exprime le soutien de l’artiste envers les militants Pierre Vallières et Charles Gagnon, incarcérés au cours des événements tumultueux précédant le mois d’octobre 1970. Les pièces représentent deux identités différenciables par leur couleur distinctive, mais liées par leur forme commune.
En ce sens, Les ailes de la liberté relève d’une prise de position en faveur de la justice sociale, au moment où plusieurs cherchent à défendre la liberté d’expression et de pensée face aux accusations qui frappent leurs écrits. La sculpture se présente ainsi comme un acte de mémoire afin de transmettre une perspective importante de l’histoire du Québec.
Cette œuvre est un hommage à deux prisonniers politiques de la crise d’Octobre 1970. Comment ces sculptures évoquent-elles la liberté pour vous?
Claude Millette
Acier peint
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Parc de la Croix, rue Sainte-Claire - Inaugurée en 2006
Né à Saint-Hyacinthe en 1957, Claude Millette étudie à l’École de sculpture de Saint-Jean-Port-Joli de 1975 à 1976, puis effectue des stages auprès des sculpteurs Jordi Bonet (1977) et Robert Poulin (1979). Rapidement, il développe un intérêt profond envers les métaux et s’engage dans une démarche artistique nourrie par la volonté constante d’expérimenter la matière. Dans ses œuvres, il cherche à insuffler un élan vital aux matériaux bruts et rigides, particulièrement l’acier.
La série de sculptures Les cages de l’âme comprend trois œuvres qui traitent, chacune à leur manière, du thème de la captivité. Peintes en noir pour accentuer la précision des lignes, les sculptures présentent une double nature : elles emprisonnent et protègent tout à la fois. En contrepartie des effets d’enfermement qu’elles suscitent, leurs formes arrondies s’élèvent vers le ciel comme si elles se départaient progressivement de leur poids.
Les cages de l’âme 1, 2 et 3 sont réalisées à partir d’arcs et d’ogives dont l’unification donne corps à des voûtes et des arcades squelettiques. Faisant ainsi référence à l’architecture, les sculptures se répondent à travers la légèreté de leur ossature et la densité de leur base. Leurs formes évocatrices nous invitent à plonger dans l’imaginaire qui nous habite, comme lorsqu’on observe les nuages et qu’on y décèle des formes particulières.
Qu’est-ce que chacune de ces cages pourrait contenir?
André Brassard
Acier et aluminium brossé et poli
Collection: Ville de Rivière-du-Loup
Parc Vézina, rue Vézina - Inaugurée en 2010
Né à Montréal en 1948, André Brassard poursuit une formation en arts à l’Université Laval, à Québec, avant d’entamer une carrière d’enseignant au cégep de Rivière-du-Loup. Surtout axée sur la sculpture, sa pratique artistique dénote une affinité avec les principes de l’écologie. Brassard s’intéresse entre autres aux forces de la nature, au vivant et au mouvement.
La sculpture Arbor prend la forme d’un arbre stylisé portant de larges feuilles de métal. Son titre réfère au terme latin qui signifie « arbre » et qu’on retrouve dans plusieurs mots, tels qu’arborescence. Ce dernier, qui désigne quelque chose prenant l’apparence d’un arbre, semble particulièrement correspondre à l’œuvre de Brassard. Arbor témoigne de l’intérêt de l’artiste envers les structures modulaires et l’effet de la géométrie.
Initialement, la sculpture était mue par le déplacement de l’air, comme un mobile. Ses feuilles ayant par la suite été fixées, l’imaginaire est maintenant sollicité pour recréer cette présence ondoyante qui autrefois faisait frémir les surfaces métalliques. Au même titre que les arbres majestueux qui l’entourent, l’œuvre semble en quelque sorte animée d’une vie et d’une histoire qui lui sont propres. Alliant art et nature, Arbor s’inscrit dans un ensemble feuillu qui contribue à tisser des liens entre la vivacité culturelle, la cohésion végétale et la résilience du vivant.
Selon vous, quelle est la symbolique de l’arbre et comment l’œuvre intègre-t-elle ce symbolisme?
Tony Brown
Granite, acier, fonte, aluminium, terre, végétaux
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
En face du 147, rue Amyot - Inaugurée en 2003
Né en Angleterre en 1952, l’artiste canadien Tony Brown étudie à l’Université du Manitoba à Winnipeg (1971-1975), au Nova Scotia College of Art and Design à Halifax (1975-1976) et à l’Université Concordia à Montréal (1977-1978). Il réside en France, où il est professeur à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, puis en Chine, où il est appelé à exercer ses fonctions à l’Université Eurasia à Xi’an. À partir des années 1980, il crée des œuvres qui examinent les répercussions de la technologie sur l’expérience humaine.
L’installation Through the Motions between the Stars prend la forme d’une grue dont la partie horizontale surplombe ce qui s’apparente à un site archéologique. Des vestiges de statues, qui rappellent étrangement celles de la Grèce antique, côtoient de larges plaques de métal disposées à la manière d’un échiquier. Suspendue au sommet de la grue, une étoile confère à l’ensemble une dimension cosmique. Les réminiscences d’une civilisation disparue et les traces d’un présent industriel gisent paisiblement sous la voûte étoilée.
Ainsi réunis, les divers éléments de l’œuvre évoquent les ruines d’une société imaginaire. Through the Motions between the Stars fait écho aux épreuves rencontrées par l’humanité au fil de son histoire, et plus particulièrement aux dérapages des technologies initialement pensées pour nous aider à affronter l’adversité.
En observant les vestiges au sol, pourriez-vous imaginer à quoi ressemblaient les statues avant qu’elles ne soient des ruines?
André Fournelle
Granite, acier, fer forgé
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Parc des Chutes, rue Amyot - Inaugurée en 2003
Né en Angleterre en 1939 et ayant grandi à Montréal, l’artiste André Fournelle se forme à la sculpture auprès d’Armand Vaillancourt, ainsi qu’en suivant des ateliers aux États-Unis et en Europe. En tandem avec le sculpteur Marc Boisvert, il met sur pied une fonderie expérimentale et collective à Pierrefonds en 1967. Orphelin de guerre, Fournelle ancre sa pratique dans une profonde sensibilité à la fragilité humaine et un engagement social et politique affirmé.
La sculpture Scala, dont le titre signifie « échelle » en italien, est composée de deux colonnes en granite. Portant les traces de leur extraction, elles enserrent une structure métallique aux formes irrégulières. Le granite vert des colonnes et l’acier de la structure contrastent par leur masse et leur couleur, tout en renvoyant l’un et l’autre à la nature. Ce dialogue entre les matériaux témoigne de la fascination de l’artiste pour la matière et de son rapport à l’environnement.
À la suite d’un séjour en Italie à la fin des années 1970, où il mène notamment des recherches en fonderie d’art, Fournelle recourt à l’italien pour intituler certains de ses projets. Scala s’inscrit dans une série d’œuvres développées autour du motif de la colonne. Au cours des années 1980, l’artiste multiplie les variations sur ce motif architectural qui rappelle les avancées techniques et culturelles de la civilisation gréco-romaine.
Qu’évoque pour vous l’utilisation du granit vert et de l’acier dans Scala (« échelle » en italien)?
Gaétan Blanchet
Bois, métal, câbles d’acier, moteur
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Parc des Chutes, rue de la Chute - Inaugurée en 2003
À la suite d’une formation à l’École des beaux-arts de Québec, l’artiste Gaétan Blanchet est professeur à l’École des métiers de Rivière-du-Loup de 1967 à 1969, puis au Cégep de Rivière-du-Loup de 1969 à 1996. Membre actif du regroupement d’artistes du Bas-Saint-Laurent « Au bout de la 20 » jusqu’à sa dissolution en 1998, Blanchet ponctue le paysage de la région avec ses sculptures mobiles inspirées de la nature.
Solstice est constituée de 39 troncs de cèdre écorcés, reliés entre eux par un système de câbles d’acier et disposés de façon à évoquer la corolle d’une fleur. Un mécanisme électrique permettait initialement à la sculpture de s’ouvrir et de se refermer. À travers ce processus cyclique, elle faisait ainsi écho aux intervalles de temps entre les levers et les couchers du soleil des deux solstices – celui d’été (jour le plus long) et celui d’hiver (jour le plus court).
Au parc des Chutes, l’œuvre de Blanchet dialogue remarquablement avec l’histoire du site, qui a hébergé d’importants moulins à scie. Solstice hybride le mécanique et l’organique en puisant dans la géométrie au cœur du monde naturel. Elle met ainsi en relief l’équilibre de la vie et la force de la nature, tout en valorisant l’intervention humaine.
À l’origine, un mécanisme permettait à l’œuvre de s’animer. Approchez-vous pour l’observer et tenter d’imaginer ce mouvement.
Robert Roussil
Bois
Collection: Musée du Bas-Saint-Laurent
Parc des Chutes, entrée rue Frontenac de l’autre côté de la passerelle - Inaugurée en 2013
Natif de l’est de Montréal et ayant vécu à Tourrettes-sur-Loup, en France, de 1956 jusqu’à sa mort, l’artiste Robert Roussil (1925-2013) contribue aux débuts de la sculpture moderne québécoise. Audacieux et avant-gardiste, Roussil conteste inlassablement l’ordre établi et participe à la libération artistique du Québec, non sans occasionner quelques polémiques en cours de route. Sa pratique sculpturale s’appuie sur une prédilection pour l’espace public et un amour viscéral de la nature.
La série de trois sculptures Sans titre fait état des grands thèmes au cœur du travail de l’artiste, tels que la germination, l’éclosion, la croissance et l’énergie. Elle s’inscrit dans un plus vaste répertoire de sculptures en bois imbriquant des formes circulaires et évoquant le monde naturel, à la manière de créatures articulées mi-végétales, mi-animales.
Sculptées dans le pin jaune de l’Ouest canadien, dont le système racinaire profond et la cime impressionnante traduisent les préoccupations de Roussil, les œuvres s’élèvent joyeusement vers le soleil tout en étant ancrées dans les entrailles de la terre. Le trio de sculptures rythme le paysage en s’y érigeant en cadence. Il exprime toute l’ingéniosité de l’artiste et impulse un sens de l’émerveillement devant les forces brutes de la nature.
Quel dialogue se crée entre les sculptures et l’environnement dans lequel elles s’inscrivent?
À pied ou à vélo, partez à la découverte d’une quarantaine d’œuvres d’art public déployées sur le territoire de la ville de Rivière-du-Loup. Une collection impressionnante qui rassemble des œuvres réalisées par de grands noms de l’art canadien.
Intervalle invite à la pause et à l’éveil des sens. Découvrez des instants suspendus au cœur de l’espace urbain.
À pied
Déambulez dans la ville et laissez-vous surprendre!
À vélo
Avec votre propre vélo ou encore en profitant des tours guidés à vélo électriques offerts par le Musée du Bas-Saint-Laurent!
Procurez-vous la carte papier Intervalle au Musée du Bas-Saint-Laurent, au bureau d’information touristique de Rivière-du-Loup!
Pour en savoir plus, visitez le Musée du Bas-Saint-Laurent ou consultez le mbsl.qc.ca